Ne fragilisons pas notre police nationale !

Il serait grave de considérer de façon péremptoire, qu’à chaque fois qu’il y a dérives de la part de certains agents, qu’il faille les généraliser, faire le procès de tout un corps et le vouer aux gémonies…

Les événements malheureux survenus ces derniers jours dans les rapports entre des citoyens et des éléments de la police nationale, ont donné lieu à une levée de boucliers, des débats quelquefois très passionnés, prenant souvent des allures d’un véritable lynchage de la police nationale, tant au niveau des médias que dans les réseaux sociaux. Cette campagne de diabolisation et de dénigrement qui s’apparente à un procès des forces de sécurité publique ne devrait cependant pas se propager pour plusieurs raisons.                                                            

La police fait partie des administrations dites de service public d’ordre et de régulation, au même titre que la gendarmerie nationale, la justice et l’armée.  Elle a donc une mission régalienne, irremplaçable dans le dispositif organisationnel de notre nation comme du reste, c’est  le cas partout dans le monde. Dans ses missions traditionnelles, elle est chargée de la protection des personnes et des biens, du maintien de l’ordre public, de la constatation des infractions aux lois pénales, de l’assistance aux autorités administratives et diplomatiques, de la gestion de la mobilité urbaine et de tant d’autres activités.

Si chaque citoyen peut, en principe, vaquer normalement à ses occupations de jour comme de nuit, il va de soit qu’il le doit en partie à la présence de nos administrations d’ordre et de service public. Cependant, comme dans tout grand corps de l’État, une institution comme la police est composée d’un effectif assez important, caractérisé par l’hétérogénéité de ses agents, tant au niveau des cursus de formation, des origines, de l’éducation de  base, des conditions de travail, de l’allocation des moyens mis à la disposition des différents services, que d’autres aspects liés à l’exécution de leurs activités à feu continu. Cette absence d’homogénéité qui caractérise les forces de sécurité publique trouve également son prolongement dans les comportements individuels des différents agents qui les composent.

C’est ainsi que, comme dans tous les corps, il y des agents à la conduite irréprochable, dotés d’un sens élevé du professionnalisme, de l’éthique et de la déontologie. Il y a en a, naturellement, qui sont moins soucieux de ces valeurs et d’autres, malheureusement, dont les comportements sont totalement en porte-à-faux avec les exigences de leur fonction. Partant de ce constat, il serait grave de considérer de façon péremptoire, qu’à chaque fois qu’il y a dérives de la part de certains agents, qu’il faille les généraliser, faire le procès de tout un corps et le vouer aux gémonies. Cette sentence expéditive pourrait être injuste, frustrant, voire démoralisant pour tous ceux qui sont en conformité avec les exigences et contraintes de leur métier, quelquefois même au péril de leur vie. Ceux-là, sont eux-mêmes, bien loin de cautionner les pratiques de leurs collègues qui empruntent des chemins tortueux. Ils font preuve de professionnalisme, de rigueur et de discipline dans leurs comportements de jour, comme de nuit. Ils sont, de bien loin, majoritaires dans les rangs de nos  forces de sécurité.

Qui pourrait  imaginer, un seul instant, les conséquences catastrophiques découlant d’une démobilisation, d’une démotivation, voire d’une inaction de nos forces de sécurité, face au péril d’une délinquance aux formes multiples qui ne fait que croître de jour en jour ? Les citoyens que nous sommes, en seraient les premières vraies victimes, alors que les criminels  toutes catégories confondues, en profiteraient  pour terroriser, voler, violer, piller, perpétrer des meurtres et piétiner toutes les lois de la nation. Évitons dès lors, de tuer le mythe de ce prestigieux corps. Accompagnons plutôt sa haute hiérarchie,  pour identifier et dénoncer les agents déviants, dont nombreux,  s’ils sont reconnus coupables des faits qui leur sont reprochés, font l’objet de sanctions qui peuvent aller jusqu’à la radiation.

Que l’on s’entende bien : Aucune cause ne saurait justifier l’usage de la violence sur, ne serait-ce qu’un seul citoyen, à fortiori, tout acte pouvant entraîner mort d’hommes, mutilations et surtout toute forme d’humiliations dans les commissariats de police, où tout autre lieu où les éléments des forces de l’ordre sont appelés à intervenir.

Notre police nationale fait partie aujourd’hui des cinq meilleures d’Afrique. Mais, c’est une réalité que lorsque la population augmente, que les déperditions au niveau de l’enseignement primaire comme secondaire sont en constante progression et constituent le potentiel bassin de la délinquance, principalement en milieu urbain, que les méthodes et stratégies utilisées par les criminels évoluent rapidement et trouvent leur mode opératoire, entre autres, dans les programmes ouverts et insuffisamment surveillés de nos télévisions, que nos frontières sont devenus si poreuses à l’immigration des délinquants notamment de la sous région, on comprend tout le mérite de nos agents de sécurité publique, de même que tous les sacrifices auxquels ils consentent dans l’exercice de leur mission. Sacrifices d’autant plus louables que bien des fois, c’est avec des moyens et des conditions de  travail, pas toujours en rapport avec les multiples défis auxquels ils sont confrontés.

S’il m’était permis de faire une seule suggestion à la police nationale, ce serait sans doute de l’inviter à rendre plus rigoureuses ses conditions de recrutement, à mettre davantage l’accent sur la formation initiale de ses agents dès leur admission à l’école, comme sur la formation permanente de ceux qui sont en activité et d’intégrer dans ses programmes des modules sur la communication, la gestion de l’accueil, la gestion des conflits, la psychologie, de manière à éradiquer entre autres, les comportements laxistes observés dans de nombreux commissariats de police, jusque dans les rapports qu’entretiennent  les agents avec leur hiérarchie. Ce serait aussi un moyen de leur rappeler à tout instant, les exigences de leur mission de service public. Une telle démarche les rendrait plus proches des préoccupations des  citoyens à tout moment, et aiguiserait  davantage en eux, le fier sentiment d’appartenance au corps de la police. Une institution  sans laquelle, il serait illusoire de parler de paix, de sécurité, encore moins d’émergence dans notre pays.

T W médias / Contributions

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