[ AUDIO ] Peindre pour protéger : le défi des artistes graffeurs

CONTRIBUTIONS : On s’interrogeait de l’inaction des artistes dans la sensibilisation et la lutte contre le coronavirus, mais depuis quelques jours, ils se sont mis en avant dans le combat.

Certains utilisant leur voix et leur art, d’autres leurs moyens financiers pour participer à ce combat qui nous concerne tous. Les graffeurs sortent carrément u lot en proposant des fresques qui permettent de sensibiliser par l’image et le texte.

Il est bon de constater qu’après notre sortie invitant les artistes et les hommes de culture à s’investir dans la lutte contre le Covid 19, beaucoup d’entre eux se sont sentis concernés. Suite de notre appel ou juste coïncidence, en tout cas, le constat est là : les artistes, chacun dans son domaine a essayé de se rendre utile en proposant un produit.

Dans le théâtre et la comédie, des gens comme Diaw Ketchup, Wadiou Bakh et l’association des Artistes comédiens du théâtre sénégalais (ARCOTS) ont proposé des mises en scène visant à enseigner, de façon drôle mais très pédagogiques les règles élémentaires de prévention du virus. Ces capsules postées sur les réseaux sociaux et diffusés dans certaines chaines de télévision ont permis à un public intéressé par le jeu des acteurs d’avoir un accès simple mais clair à l’information.

Dans le mouvement hip hop, les artistes n’ont pas voulu être en reste. Ainsi, le collectif Y en A Marre a fait une chanson dans ce sens. Ce collectif qui regroupe beaucoup de rappeurs a, dans une chanson collective, expliqué les causes, les effets, les possibilités de contamination mais aussi les moyens de prévention. Il a mis un accent particulier sur la prévention. Dans la vidéo, où on voit les artistes en tenue de médecins intervenant dans un endroit infecté, il y a des scènes qui ne peuvent pas ne pas pousser à réfléchir. Dans la même veine, un collectif venu de Nioro, sous la houlette de l’artiste Malabar a également mis sur le marché un titre qui invite à la prudence, avec un texte très fort et une vidéo qui montre les actes attendus pour la prévention du virus.

Toujours, parmi les acteurs des cultures urbaines, il y a ceux de Yeumbeul qui ont peint sur le mur de la maternité du district de cette cité et produit une vidéo qui explique – avec sous-titrages- les gestes qui sauvent. Ces artistes qui ont fait parler les murs sont Oundougraf et le groupe d’Ati Diallo, entre autres. Un autre artiste du nom de Docta a aussi apporté sa contribution tout comme le RBS Crew qui est déjà connu pour avoir peint la figure de Cheikh Anta Diop sur le fronton du Pavillon A de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Mais ce n’est pas seulement qu’au Sénégal que les artistes graffeurs se mettent en première ligne, en Guinée aussi, on l’a vu avec un artiste comme Lefa Albis Fall qui a voulu conscientiser ses compatriotes.

Leurs fresques, si imposantes soient-elles, ne font que refléter les gestes barrières à adopter et mettent en scène le lavage des mains, l’utilisation d’un gel antiseptique, le fait d’arrêter de serrer la main ou encore de tousser dans le creux du coude. Mieux encore, ils ont une pensée pour les personnes vivant dans la rue et n’ayant pas les moyens de se protéger. C’est pourquoi on voit plusieurs talibés peints dans le but d’attirer l’attention sur leur sort et de pousser les autorités à agir en ce sens. Toutes ces fresques sont accompagnées de messages dits en français comme dans les langues nationales. Tout ceci permet de mieux saisir le message qui est délivré en espérant que cet effort qui est fourni servira à changer les comportements.

Les artistes mbalakh sont encore attendus dans la production, mais ils ont donné leur voix pour sensibiliser autour de la question dans des capsules diffusées dans les réseaux sociaux. D’autres qui ont plus de moyens ont mis la main à la poche, notamment Waly Seck et Pape Diouf. Ceux-ci sont la face visible ; probablement, d’autres ont dû l’avoir fait discrètement. Qu’importe la somme donnée, c’est le geste qui importe. Youssou Ndour a mis son groupe au service de la communauté et aidé les élèves à ne pas se déconnecter de l’école. D’autres initiatives ont été prises avec des morceaux chantés ça et là pour appuyer dans la prise en charge de la maladie.

Tout ceci pour dire que les arts et la culture peuvent jouer un rôle essentiel en ces périodes de pandémie. Toutes les voix comptent et ceux qui peuvent se faire entendre ont le devoir de parler parce qu’ils sont écoutés.

Mamadou DRAME

T W médias 

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