[ AUDIO ] Il s’appelait Manu… ( Mamadou Dramé)

CONTRIBUTIONS – Le 24 mars, le monde de la culture venait de perdre un grand homme : Manu Dibango, connu pour être le roi du saxophone. Ce musicien camerounais a révolutionné le jazz en lui donnant une touche africaine. Sa vie et son parcours.

Emmanuel N’Djoké Dibango dit Papa Manu a tiré sa révérence le 24 mars 2020 à Paris des suites d’une infection du coronavirus Covid-19. Mondialement connu sous le nom de Manu Dibango, ce grand artiste camerounais est né le 12 décembre 1933 à Douala au Cameroun de parents protestants. Son père Michel Manfred N’Djoké Dibango issu de l’ethnie Yabassi était fonctionnaire et sa mère, issue de l’ethnie douala, était couturière à la maison. C’est grâce à elle qui était professeur dans la chorale du temple qu’il est très tôt initié au chant

Après une bonne scolarité au bout de laquelle il obtient son certificat d’études, son père l’envoie étudier en France auprès de son « correspondant ». M. Chevallier, instituteur de Saint-Calais. Dans cette famille d’accueil, il découvre la culture française.

Mais c’est quand il devient étudiant à Chartres, puis à Château-Thierry au début des années 1950, qu’il découvre le jazz et s’initie à la mandoline et au piano. A l’occasion d’un séjour dans un centre de colonie réservé aux enfants camerounais résidant en France à Saint-Hilaire-du-Harcouët, il découvre le saxophone emprunté à son ami Moyébé Ndédi et rencontre Francis Bebey qui apprend les bases du jazz. Ensemble, ils forment un petit groupe jouant de cette musique. Cependant, c’est à Reims, où il prépare le baccalauréat de philosophie qu’il s’initie au saxophone et commence à se produire dans les « boîtes » et les bals, au grand dam de son père, qui, ne voulant pas qu’il devienne musicien, lui coupe les vivres en1956, lorsqu’il échoue à la seconde partie du baccalauréat.

A la fin de l’année 1956, il joue dans des orchestres à Bruxelles et fait la connaissance d’une artiste peintre et mannequin du nom de Marie-Josée dite Coco qu’il épouse en 1957. Progressivement, son jazz s’africanise au contact du milieu congolais lors de l’accession du Congo belge à l’indépendance en 1960. Il est d’ailleurs chef d’orchestre dans la boîte bruxelloise « Les Anges Noirs », que les politiciens et intellectuels congolais, en pleine négociation pour l’indépendance de leur pays, fréquentent. C’est là qu’il rencontre Grand Kalle, qui l’engage dans son orchestre. Ils enregistrent plusieurs disques, qui remportent le succès en Afrique (notamment Indépendance Cha Cha au Congo Léopoldville) et font une tournée au Congo Léopoldville en août 1961.

En 1963, suivant les vœux de son père, il ouvre son propre club au Cameroun, le « Tam Tam. » Malheureusement, ce ne fut pas un succès financier à cause du couvre-feu imposé pendant la guerre civile. Ce qui l’oblige à retourner en France en 1965

En 1967, Manu Dibango crée et développe son style musical, novateur et urbain et découvre le rhythm and blues. Il participe à une série d’émissions télévisées et travaille avec le producteur Gésip Légitimus, Dick Rivers et Nino Ferrer. En 1969, son album afro-jazz Saxy Party produit chez Mercury, composé de reprises et de compositions personnelles, le font renouer avec le succès. En 1972, avec la face B de son 45 tours, Soul Makossa, il fait la conquête des États-Unis et ses accents africains passionnent les musiciens noirs d’Amérique. C’est d’ailleurs pour la reprise de ce titre qu’en 2009 qu’il attaque les maisons de disques de Michael Jackson et de Rihanna (Sony BMG, Warner et EMI) pour avoir utilisé sans autorisation le thème du morceau.

Il meurt le 24 mars 2020 à Paris, six jours après avoir été hospitalisé, des suites de la maladie à coronavirus Covid-19. Manu Dibango qui fut fait chevalier de la Légion d’honneur le 14 juillet 2010 et Médaille de vermeil de la ville de Paris laisse deux fils, Michel, James (artiste et musicien connu sous le nom de James BKS) et deux filles, Marva et Georgia

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