À propos du village des arts de Dakar…

Nous en appelons, monsieur le ministre de la Culture, à des mesures urgentes d’inventaire et de restauration mais surtout de la réaffectation des espaces qui devront ainsi accueillir tous les arts, ainsi la peinture, la sculpture, la musique, etc.

Monsieur le ministre de la culture,

Il y a vingt ans maintenant un collectif d’artistes plasticiens fut installé dans l’ancien campement chinois attenant le Stade Leopold Senghor.

Pour rappel, les baraquements ont permis aux ouvriers chinois de bâtir ce bel édifice à destination du sport de notre pays. Une fois l’œuvre achevée, ils s’en allèrent, laissant sur place des ateliers en bois sur un terrain d’une superficie avoisinant quatre (4) hectares que le gouvernement de l’époque mit sous la tutelle du ministère de la culture.

Bien après le groupe TËNK (articulation) sous la direction de l’artiste plasticien El Sy (El Hadj Moussa Babacar Sy) à l’occasion de la biennale des arts, y délocalisa un projet expérimental comme étant « le premier pôle de déconfiscation » de cette manifestation, inaugurant ainsi avec des artistes venus d’Afrique et du monde, l’ère des OFF de la biennale.

A la fin de ce projet la cinquantaine de baraquements fut attribuée pour une durée de deux (2) ans à certains artistes plasticiens de la communauté.

Depuis lors (20 ans), les mêmes attributaires y sont encore sans aucune évaluation de cette trajectoire, car hélas, entre temps certains sont décédés pendant que d’autres qui jugeaient au début que cette expérience pouvait avoir un impact négatif sur la création, n’ont jamais rejoint. Il faut aussi retenir que quelques uns ont effectivement quitté les lieux au bout de deux ans.

Un inventaire des occupants actuels révèle que plus de 60% des résidents ne sont pas des attributaires originels ; certains sont des « héritiers » et les autres des squatteurs.

Cet expérience, monsieur le ministre, a atteint ses limites objectives tant sur le plan artistique mais surtout s’agissant de la destination idéale dévolue à ce type d’espace :

  • Une résidence d’artistes limitée dans le temps et l’objet du projet d’art, plutôt que des artistes résidents qui avec le temps devient une injustice flagrante.

Le laboratoire Agit Art qui fut à l’origine (avec d’autres) du combat pour la renaissance en ces lieux, de l’ancien village des arts du camp Latdior démantelé par l’Etat du Sénégal les 27 septembre 1980 ne peut rester sourd face aux nombreuses interpellations des jeunes artistes (sortis de l’école des arts ou pas) à la recherche d’un espace d’expérimentation. Le manque de générosité des ainés les pousse à errer sans fin bien qu’étant pétris de qualité.

Et c’est pourquoi nous en appelons à des mesures urgentes d’inventaire et de restauration mais surtout de la réaffectation des espaces qui devront ainsi accueillir tous les arts incluant ainsi la peinture, la sculpture, la musique, les arts visuels, le théâtre, la danse. Il s’y ajoute que quand l’Etat vous appuie pendant 20 ans sans payer ni loyer encore moins eau et électricité et que vous êtes devenus des artistes confirmés et reconnus dans le monde, vous devez avoir la grandeur de laisser la place aux jeunes afin qu’ils puissent eux aussi bénéficier de cette assistance.

Agit Art fidèle à son caractère d’espace de questionnement et de réarticulation des positions au bénéfice de toute la communauté s’engage à porter ce combat de sauvegarde de ces lieux avec tous les jeunes artistes mais surtout tous les intellectuels et amateurs d’arts, au bénéfice exclusif de l’art et de la culture de notre pays.

Veuillez agréer monsieur le ministre nos sentiments patriotiques.

Le laboratoire agit Art

Abdou BA

T W / Contributions

 

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